13 & God - 13 & God

Musique

13 & God - 13 & God

2005 - Alien Transistor - Par Thom, 22 juin 2005.

  • Prenez 2 groupes : The Notwist (Groupe bavarois d’électro-pop qui tourne depuis un moment et s’est fait plus largement connaître avec son opus de 2002 : Neon Golden) et Themselves (l’un des groupes leaders du label Anticon, fer de lance de l’abstract hip-hop US) ;
  • De chacun de ces groupes, prélevez 3 membres (facile pour Themselves qui sont 3 même si je ne sais pas qui remplace Dax Pierson en tournée pendant que celui-ci se remet d’un grave accident ; pour the Notwist, gardez les frères Acher et Mr “Console” Gretschmann) ;
  • Vous obtenez donc 6 membres et un sacré paquet d’influences et d’expériences collectives diverses (Lali Puna d’un côté, Clouddead ou Subtle de l’autre...) ;
  • mélanger l’ensemble dans un bus canadien (en mauvais état si possible) ;
  • faites revenir le tout dans la campagne bavaroise ;
  • vous obtenez un collectif original répondant à l’intriguant nom de 13 & God et un premier album éponyme qui légitime parfaitement la collaboration.

Sur le papier le mariage peut sembler (d)étonnant, mais à la lecture des interviews expliquant leur rencontre et leur expérience collective, on perçoit tout ce qui les rapproche. Une même envie d’expériences musicales éparpillées, un même univers triste en rupture, l’attrait des deux groupes pour les productions de l’autre et le hasard en révélateur. Pour ceux qui connaissent le talent et l’ardeur de ces musiciens, le projet The Notwist + Themselves prend vite des allures de recette miracle.

L’écoute de 13 & God ne dément pas cette vérité : la rencontre de deux musiques est incroyablement cohérente. L’ambiance instaurée par ce mélange de tendances entre musique planante synthétique, pop mélancolique, phrasés hip-hop, rythmes électroniques, samples et vocodeurs distille sa tristesse avec une puissance sourde qu’ils savent maîtriser. Les voix si différentes, doucereuse chez Marcus Acher, nasillarde chez DoseOne, s’interpellent et se répondent. Plus loin, l’électro-planante des guitares et synthés de The Notwist est épaulée par la boîte à rythmes et les samples organiques.

Alors si certains titres font un peu preuve de molesse ou ressemblent plus à ceux égarés de l’un des deux groupes (par exemple Men of station, le "single" trop axé Notwist pour convaincre ici) c’est sans dommage pour la cohésion de l’ensemble, les meilleures pistes étant, sans conteste, celles qui bénéficient pleinement de ce mariage inattendu (If, Soft Atlas).

Et sur scène alors ?

Si l’album ne dément pas l’excellent complémentarité et l’immense éventail de possibilité offerte au collectif 13 & God, c’est en concert que celui-ci prouve réellement sa force et sa foi en sa propre existence. Le samedi 18 juin au Café de la danse (Paris), ce groupe bicéphale a pleinement convaincu un public hétéroclite, souvent venu alléché par l’un des deux noms mais qui est en ressorti charmé par l’autre et envoûté par le projet.

Sur scène, les deux principaux chanteurs, énergiques, exploitent les fièvres intérieures des morceaux pour en faire des moments de tensions qui galvanisent le public. DoseOne sait tenir le show mais c’est faussement effacé que Marcus Acher assure le contrepoint de cette rencontre haute en musique. Les deux groupes se disent prêts à amener plus en avant cette collaboration, pour notre part, on se déclare sans hésitation prêts à entendre la suite !