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Green Day - American Idiot

Musique

Green Day - American Idiot

2004 - Reprise - Par Anonyme, 10 octobre 2004.

Welcome to a new kind of tension all across the alien nation :

L’histoire raconte qu’après le vol de bandes de studio de son groupe, qui a dû alors repartir de zéro, le bassiste Mike Dirnt a décidé d’écrire une chanson de trente secondes. Le chanteur Billie Joe Armstrong a demandé au batteur Tre Cool de faire de même. Collées bout à bout, les deux morceaux semblaient former un tout cohérent. Telle serait la génèse d’« American Idiot »...

Ce n’est pas n’importe quel disque, puisque c’est un concept album. Certains ont déjà crié au chef d’œuvre. Il est certain qu’un opéra punk, cela surprend. Quoi qu’il en soit, c’est un disque ambitieux de la part des auteurs de Basket Case, complainte adolescente à mille lieux des réflexions menées ici, dix ans après. « American Idiot », c’est l’histoire de trois rebelles, Jesus of Suburbia, un adolescent débarassé de ses illusions, St. Jimmy (décrit comme "the son of a bitch and Edgar Allen Poe"), et d’une fille dénommée Whatsername.

Peu importe la trame narrative, l’essentiel est que ces trois personnages et leurs vies servent de support à une critique assez virulente de l’Amérique post onze septembre. Dans Holiday, un autre scénario catastrophe est même imaginé :

Bombs away is your punishment
Pulverize the Eiffel towers
Who criticize your government

Conçu comme une oeuvre symétrique, « American Idiot » s’ouvre par la chanson éponyme (du pur Green Day). Puis, les choses se compliquent. En un numéro de plus de neuf minutes, cinq mini chansons sont déployées. Suivent neuf chansons de longueur plus conventionnelle. L’avant-dernier morceau est également un cinq en un, qui dépasse même de peu la durée de son jumeau, et où réapparaissent les thèmes imaginés suite à la perte des masters du groupe.

Onze chansons courtes, neuf minutes pour les deux morceaux de bravoure et autant de titres les séparant. 11 et 9. Symbolique des nombres ? Et ces deux suites sont-elles pensées comme deux piliers de l’album, plantées là pour en renforcer la cohésion, s’élevant au dessus du sol comme les deux tours du World Trade Center ?

Si « Warning » avait déjà marqué un élargissement des ressources musicales utilisées par Green Day, son successeur poursuit dans cette voie, sans l’élargir de façon démesurée. Les percussions particulières sur Extraordinary Girl ainsi que Jesus of Suburbia, cette dernière chanson comprenant même un passage au piano, et les cloches sur Homecoming sont parmi les audaces à noter pour un groupe censé être "punk". On relèvera également un léger affadissement du son, parfois, comme sur Boulevard of Broken Dreams, sorte de Wonderwall bis, et certains autres morceaux, heureusement peu nombreux, à la limite du "radio-friendly".

En dépit de ces nuances, l’album est souvent joué sur les chapeaux de roue, et les amateurs de « Dookie » ne seront pas déçus. Selon moi, l’intérêt du disque réside en grande partie dans sa forme, car un réel effort est fait pour en faire un tout. On retrouve les mêmes expressions et les mêmes personnages d’une chanson à l’autre, celles-ci s’interpénétrant à l’instar de l’étalon du concept album, le « Tommy » de The Who. La cohérence va également jusqu’à la pochette. L’auditeur trouve son explication dans She’s A Rebel :

She’s holding on my heart like a hand grenade

« American Idiot » atteste que quinze ans après leurs débuts, même s’ils ne sont plus 100% punks, Billie Joe et ses acolytes sont toujours verts.

Forum de la Chronique de "Green Day - American Idiot"

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