- Big Bang - Du 15 juin 2005 au 6 mars 2006

Divers

Big Bang - Du 15 juin 2005 au 6 mars 2006

Centre Pomipdou, Paris - Par Anonyme, 4 octobre 2005.

Destruction et création dans l’art du 20ème siècle :

L’idée qui confère à cette exposition son originalité est simple : classer non pas chronologiquement mais thématiquement les collections de Beaubourg. Ces œuvres d’art moderne et contemporain sont réparties en huit sections : Destruction, Construction/Déconstruction, Archaïsme, Sexe, Guerre, Subversion, Mélancolie et Réenchantement, chacunes subdivisées en plusieurs sous-sections.

Ce classement par thèmes permet un éclairage nouveau sur l’art du siècle passé. Il s’agit principalement d’art plastique et visuel, mais l’exposition établit également des passerelles vers la littérature et la musique. En effet, sont non seulement données à voir des œuvres picturales, photographiques, architecturales et cinématographiques, mais aussi de la musique à entendre et de la littérature à parcourir.

Cette approche thématique et pluridisciplinaire présente également la particularité de constituer une sorte de résumé des phénomènes culturels du 20ème siècle. En effet, on croise des œuvres d’artistes renommés, tels Dubuffet, Pollock, Mondrian, Dali, Picasso, ainsi que la célébrissime Tristesse du Roi de Matisse, et un de mes tableaux préférés de Kandinsky et de tous les temps, Bleu de ciel.

Un tel classement, dont on imagine bien que le choix des huit thèmes a dû donner lieu à des débats sans fin, dans le but de faire rentrer arbitrairement et artificiellement les œuvres dans des catégories, donne parfois lieu à des aberrations. Pour rester sur Kandinsky, le peintre russe se retrouve dans la section Archaïsme alors qu’il a été un des pionniers de l’abstraction, mouvement moderne par excellence. Par ailleurs, difficile de justifier dans la section Sexe la présence du sous-thème "Sacrilège", dans le cadre duquel les représentations détournées de Jésus n’ont à mon opinion pas de lien direct avec le thème de départ. Cette partie et sa place dans le parcours apparaissent comme légèrement tirées par les cheveux. Car chaque section réalise un grand écart, un tour de force, dont la crédibilité dépend de la capacité des commissaires à argumenter leurs choix thématiques et à convaincre le visiteur du bien-fondé du découpage.

Le dernier thème, Réenchantement, ne présente que deux installations, mais du siècle nouveau cette fois-ci, parmi elles Passage II, de Cristina Iglesias, constituée de tapis en raphia accrochés au plafond et inondés de lumière. L’effet est saisissant.

Au final, les aberrations citées ci-dessus suggèrent qu’une œuvre d’art ne peut pas toujours être confinée à une seule et unique catégorie. Souvent, il y sera aussi bien question de destruction que de voyeurisme, de nostalgie que de vanité. Si c’est là le but de l’exposition, de montrer l’insaisissabilité et l’extraordinaire liberté des arts, elle y parvient par des moyens très subtils. Et l’on ressort avec l’envie d’approfondir la riche histoire de l’art du vingtième siècle.