Diaz Canales & Guarnido - Blacksad

Livres

Diaz Canales & Guarnido - Blacksad

2000, 2003 - Dargaud - Par Thom, 28 mai 2004.

"j’étais condamné à ce monde là : une jungle où le gros dévore le petit, où les hommes se comportent comme des animaux...". Ainsi se termine le premier tome des aventures de Blacksad, série de bande dessinée qui en comprend déjà deux en circulation.

Le dessin d’abord frappe : il est tout simplement superbe, mélant réalisme et cartoon. Les couleurs sont parfaites, à la fois pastels et sombres. L’utilisation de caractères anthropomorphiques n’échappe pas à certains clichés mais Guarnido sait user du procédé à bon escient. La force évocatrice du trait campe les personnages dès leur première case. Le rythme est soutenu, le découpage et le cadrage sont volontairement cinématographiques et situent le tout dans la veine des films noirs du milieu de siècle.

Le scénario, très classique dans le premier tome se révèle plus original dans le second. On nage résolument en plein polar, les politiques magouillent, les pauvres trinquent, la beauté est fatale, l’argent est sale de sang.

Les dialogues sont percutants. Blacksad par le biais de la voix off, dresse le portrait amer de ses contemporains. Son cynisme le rend sympathique, son flegme renvoie directement aux héros du roman noir.

Le premier épisode de la série (Quelque part entre les ombres) plantait le décor et les personnages. L’enquête de Blacksad sur le meurtre de son ancien amour le confrontait aux hautes sphères. L’occasion de dresser les portraits de Blacksad et des personnages récurents de la série comme Smirnov, le divsionnaire.

Dès le deuxième tome, qui n’est pas juste la suite du premier mais constitue une histoire à part entière, le scénario s’épaissit : Blacksad suit cette fois ci de près les agissements d’un mouvement raciste réunit sous l’emblène d’un flocon de neige. L’idée est originale (faire des animaux polaires les fascistes du coin) et les auteurs en jouent avec délectation.

Le tome 3 (Ame rouge) est à paraître...