Autechre - Cichlisuite

Musique

Autechre - Cichlisuite

1997 - Warp - Par eric, 16 juillet 2004.

Je me souviens... :

Petit EP d’Autechre sorti il y a sept ans, petite chronique comme ça en passant. Encore un bel exemple de la surprenante poésie éléctronique de ce duo.

Dans la lignée de leurs nombreux EP, tout à fait dispensables, mais néanmoins vraiment intéressants pour comprendre le groupe, Cichlisuite est un album dans lequel on trouve les tâtonnements à partir desquels Autechre développera son minimalisme. Et qui culminera avec l’extrême dépouillement de Confield et Draft 7.30. Cichlisuite cristallise ainsi les apparents antagonismes de la musique d’Autechre et se révèle être un très bon album pour aborder le groupe. À recommander aux novices donc.

Beats et clicks electros, triturés. Des pulsations folles. Et puis les nappes douces et aériennes, comme évocatrices d’un passé plus organique, où la musique était mélodie. C’est un peu comme si dans un futur lointain des musiciens faisaient un travail de chercheurs, plongeaient dans les archives du passé, passaient leur temps à écouter des vieilles galettes, pour s’imaginer à quoi pouvait ressembler la musique avant et tenter d’en inspirer leurs créations.

Ouverture avec Yeesland, dont le début est rapide et nevrosé. Un enchevêtrement de pulsations sourdes, de frétillements et de claquements. Une mécanique imperturbable, et qui pourtant semble troublée dès la première envolée des nappes douces et appaisante. On pourrait presque dire que Yeesland, s’il n’est pas le morceau le plus attachant d’Autechre, en représente pourtant bien l’oeuvre : un travail d’orfèvre sur les sonorités, des rythmes rapides et des mélodies au ralenti, presque chétives, souvent en retrait.

Pencha ressemble plus à une séquence aléatoire avec ses notes alternées graves et aigües, très Sci-Fi bip-bip tout ça. Characi est un mobile musical assez simple où se suivent des lents beats étouffés et des sifflements saturés. Krib est petit bijou(jou) qui se construit autour du bruit d’une bille qui rebondit sur une table en verre. Ludique.

Et puis, Tipalia clôt, presque en dansant, cette petite demi-heure éléctro. On en redemande, on en aura encore.