Musique

Feist

Concert à l’AERONEF - le 25 mai 2008 - Lille - Par roquette, 9 juin 2008.

Malgré une notoriété en demi-teinte ces dernières années, Leslie Feist connaît une année 2008 « pleine ». Son clip «  1234  » a été élu meilleur clip musical de l’année et la marque à la pomme a fait de ce titre l’hymne des nano-Ipodeux. Avec une telle vitrine audiovisuelle, Feist prend de l’ampleur.

Oui parce que Feist c’est d’abord une fervente participante du collectif Broken Social Scene. Avec deux albums de haute volée et des prestations scéniques recommandables, le collectif mise sur le fracassement d’influences musicales venues d’une dizaine de musiciens. Un rock déchiré, entre post-rock et punk construit.

Feist est aussi une fidèle des pérégrinations de Gonzales. L’homme foutraque, capable de passer du crooner au pianiste classique des plus inspiré. L’album « Open Season » de Feist nous offre les remix des compères Mocky et Gonzales, entre autre, qui reprennent allégrement les savoureuses créations de « Let it Die » , 1ère album de Feist. Un univers doux, cosy, mais empli d’une mélancolie qui donne aux morceaux un aspect de ritournelle des plus appréciables.

Voilà, me disais-je, plein de bonnes raisons pour la voir œuvrer sur scène. Lawrence Arabia ouvre le bal, défini comme pop/rock/psychédélique selon le myspace. Le public est attentif, patient, et je trouve ça chiant. Mauvais signe.

Feist rentre sur scène après l’installation d’un voile blanc où laisse apparaître la silhouette de la belle. C’est parti pour 1h30 de « show », où s’enchaînent les morceaux du dernier album « Reminder ».

Les morceaux s’enchaînent tels une boîte à musique bien huilée. Le temps passe et on s’ennuie. Il ne se passe pas grand chose. Feist essaye de faire de l’humour sur notre langue en fond de sempiternelle confrontation Canada – France. Tout le monde a l’air de s’ennuyer. Au point où la moitié de la salle sort à la fin du premier rappel.

Pas de surprise donc pour ce concert calibré. On peut se poser quelques questions sur la mise en valeur de cette prestation dont on pouvait attendre beaucoup. L’Aéronef est-elle une salle assez accueillante pour un spectacle qui se veut intime ? Feist est-elle tombée dans une tournée trop grande pour elle au point d’en oublier l’essentiel : surprendre son public.