George Clooney - Good Night, and Good Luck.

Cinéma

George Clooney - Good Night, and Good Luck.

2005 - Warner Independent Pictures - Par ben, 11 janvier 2006.

Les erreurs du passé sont les faiblesses de l’avenir. :

Pour son deuxième film de l’autre côté de la caméra (après Confessions d’un homme dangereux en 2003), George Clooney rend hommage à Edward R. Murrow. Murrow était en 1953 l’une des figures les plus populaires de la télévision américaine. Animateur de talk show ou d’émission d’actualité, il travaillait sur CBS dans les émissions "See It No" et "Person to Person". L’évènement marquant de sa carrière est de s’être attaqué à Joseph McCarthy, sénateur américain dont les méthodes de traque des communistes à tous les niveaux de la société américaine ont fait beaucoup de bruit et même de dégâts. En analysant ses méthodes pour mieux les discréditer, en diffusant des images d’archives de ses discours ou de ses procès d’opinion, Murrow a osé provoquer le terrifiant sénateur.

Back to the fifties, donc pour ce film très couleur d’époque. Le Noir & Blanc s’installe en toute logique, accompagné du jazz qui va bien et des costumes assortis. Mention spéciale pour George Clooney qui ne sort jamais sans son marcel...

Une fois plongé dans l’atmosphère studieuse et remarquablement enfumée de la Columbia Broadcasting System, l’équipe de rédaction de la chaîne de télé est dirigée par George Clooney, Karl Zéro des temps anciens, qui cède sa place devant les spectateurs à son complice Murrow (joué par David Strathairn). Murrow, sombre et tourmenté, prend les risques qu’il faut pour informer et dénoncer la terreur ambiante. Cette mise en valeur du journalisme et de la télévision responsable se fait en toute intelligence. On ne glisse jamais dans la mise en avant d’un travailleur américain respectable, on ne sombre pas dans la critique facile des méthodes de McCarthy.

Au fur et à mesure que la partition se déroule, la tension monte, menant lentement mais sûrement à l’affrontement du journaliste et du politicien. Les deux adversaires s’étudient, apprennent à se connaître, avec l’aide de leurs sbires. Puis le choc éclate. Une émission, un "droit de réponse" et le tour est joué. L’appareil à terreur du sénateur est exposé et démonté au grand jour. Le journaliste gagne un placard taillé sur mesure.

La force du film tient dans cette espèce de finesse et de soin. Les images d’archives sont habilement mêlées aux images du film, le vrai-faux Murrow dialogue avec le faux-vrai McCarthy. Les locaux de la CBS et le matériel d’époque renforcent la qualité du spectacle. La véritable force du film, c’est finalement sa discrétion. La discrétion et la simplicité avec laquelle on se prend à confondre CBS et Fox News, la terreur d’avant et celle de maintenant.