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The Decemberists - La Boule Noire - le 29 novembre

Musique

The Decemberists - La Boule Noire - le 29 novembre

2005 - Paris - Par Anonyme, 2 décembre 2005.

Il n’y a plus de saisons

On ne sait pas précisément pourquoi The Decemberists ont choisi ce nom-là. Mon interprétation est la suivante : certaines de leurs chansons évoquent la chaleur de l’Avent, d’autres ont la tristesse d’une froide journée d’hiver.

Déjà remarqué dans ces colonnes pour leur impressionnant dernier album, « Picaresque », le groupe de Portland a charmé le public parisien, avec qui il entretient un rapport particulier, puisque son chanteur fut un jour président de son "French Club" aux Etats-Unis.

Et maintenant, voici les raisons qui font que c’était un concert exceptionnel :

  • La setlist était selon moi très bien choisie. Des chansons de « Picaresque » (dans le désordre la terrible The Infanta, la suicidaire We Both Go Down Together, la lancinante Eli, The Barrowboy, également Sixteen Military Wives en fanfare, The Sporting Life, très rythmée, The Engine Driver qui rappelle R.E.M. par certains côtés, très bien écrite, et la monumentale The Mariner’s Revenge Song), en plus d’un florilège des albums précédents.
  • Sur scène, c’est le festival. Un batteur/percussionniste, un bassiste/contrebassiste, une accordéoniste/clavier, une violoniste, un guitariste/chanteur, et un guitariste (Rickenbacker) multi-instrumentiste, qui au sommet de son art avait un banjo autour de la taille, un glockenspiel à la main et un tambourin entre les dents, devant enchaîner les trois dans le même morceau.
  • Le chanteur Colin Meloy ne se contente pas de venir, de jouer et de dire au revoir. Il parle, beaucoup, trop pour certains, qui lui disent de se taire lorsqu’il explique longuement l’origine de Apology Song.
  • Lorsqu’il fait une blague jugée trop mauvaise, The Decemberists ont un système qui oblige un membre du groupe à faire high five ("tope là") avec le premier rang de la salle tandis que les cinq autres l’accompagnent dans ses efforts d’une musique d’ambiance. Ce soir, le chanteur et le batteur, trop friands de mots d’esprit, s’y sont collés.
  • En plein milieu d’une chanson, tout le monde s’arrête de jouer, et la violoniste joue le thème de Star Wars (côté obscur), enchaîne sur le thème de Pierre dans Pierre & Le Loup, puis le groupe continue à jouer, comme si de rien n’était.
  • Imbu de son pouvoir de songwriter et de bandleader, Colin Meloy se permet d’assassiner virtuellement et un à un les membres de son groupe. Après un dernier soupir de leur instrument, ils s’écroulent lourdement sur le sol. Une fois cette besogne effectuée, le despote oblige le public à s’accroupir, pour jouer tout doucement un extrait de titre. Au bout de quelques dizaines de secondes, les cinq musiciens opprimés se réveillent de leur sommeil, et le public, tel des centaines de ressorts, se relève pour le final de la chanson.
  • Après avoir été rappelé (il le méritait amplement), le groupe se lance dans une interprétation du Mr Blue Sky d’Electric Light Orchestra. Et comme s’ils l’avaient écrit eux-mêmes, ils jouent ce morceau avec une facilité déconcertante, ce qui est d’autant plus fort que la chanson a une structure assez alambiquée.
  • Au moment de The Mariner’s Revenge Song, une épopée de presque neuf minutes, le multi-instrumentiste demande au public de crier comme s’il était avalé par une baleine. Le public obtempère très volontiers, et l’effet n’en est que plus saisissant.

Non contents d’enregistrer des disques de qualité, The Decemberists livrent des performances extraordinaires en live. Ce soir, c’était Noël en novembre, et un des concerts de l’année

PS : chapeau bas à la première partie, Two Gallants, qui m’a également conquis, dans une style (comme le disait assez justement le flyer, pour une fois) qui fait se rencontrer Bright Eyes et les White Stripes.

Forum de la Chronique de "The Decemberists - La Boule Noire - le 29 novembre"

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