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Laura Veirs - Syd Matters - La Cigale - le 5 octobre

Musique

Laura Veirs - Syd Matters - La Cigale - le 5 octobre

2005 - Paris - Par Anonyme, 7 octobre 2005.

Syd does matter :

Les spectateurs de Dublin ont volé le petit pot dans lequel Laura Veirs garde précieusement les paillettes dont elle farde son groupe, elle-même et une partie du public au moment de chanter Galaxies. Les Irlandais ont ainsi gagné une mauvaise réputation, puisque cela a le don d’exaspérer Laura.

Cette petite anecdote, contée par Miss Veirs elle-même, est assez caractéristique de la façon dont s’est déroulé le concert de cette artiste originaire de Seattle. Venue principalement pour jouer les morceaux de son dernier album « Year of Meteors, » par ailleurs plutôt réussi, elle a enchanté le public parisien, dont une partie maîtrisait ses chansons. La demoiselle est en effet l’auteur de Rapture (qui figure sur « Carbon Glacier » paru en 2004), morceau que les Français adorent, paraît-il, et qu’ils n’ont eu de cesse de lui réclamer.

Auparavant, Laura Veirs, accompagnée de ses trois Tortured Souls (batterie, guitare/basse et clavier), a demandé à ce que l’obscurité totale soit faite sur scène, puis s’est attaché une loupiote sur le front comme si elle allait explorer une caverne, avant d’interpréter Spelunking, très belle chanson spéléo. Lors des pauses, elle sautille sur scène, parle un peu, en faisant monter la tension dans une ambiance bon enfant. Bref, une très bonne première partie.

Et maintenant, Syd Matters.

Car l’on était quand même venu surtout pour Syd Matters. On vous en avait déjà parlé ici, et on se demandait à quoi pouvait bien ressembler un de ses concerts. Un petit détail sur l’ambiguïté du nom, Jonathan Morali a commencé tout seul en prenant ce pseudo, et il est aujourd’hui accompagné de quatre musiciens (batteur, bassiste, et deux multi-instrumentistes), qui forment désormais à eux cinq le groupe au nom ressemblant étrangement à celui du fondateur de Pink Floyd.

Sur scène, les morceaux gagnent une pêche incroyable. Rien qu’à voir la façon dont est transfigurée Battle of Olympus, qui sur disque est une ballade très douce, s’enflammant sur scène grâce à l’apport de la batterie et de tous les musiciens, on réalise que Syd Matters excelle également en concert.

Car le leader de la formation est avant tout un compositeur talentueux. Des suites d’accords telles que celles de End & Start Again ou I Care, des architectures comme celles de Someday Sometimes, on n’en trouve pas tous les jours. Les instrumentations sont elles-aussi souvent très bien choisies, même si on peut regretter que le groupe veuille trop imiter le Radiohead d’Ok Computer. Et au niveau des paroles, cela pêche un peu parfois. Mais il faut lui pardonner, c’est un des rares artistes français à chanter en anglais, et à ce propos il jouera mi-janvier 2006 à Londres dans le cadre du Festival The French Disconnection.

Pour revenir au concert lui-même, et à ses atouts, mentionnons Stone Man, qui sur disque est munie d’une boîte à rythmes cheap, et dont la version scénique est une tuerie qui fait secouer la tête à tout le monde. Notons également la montée sur scène d’Ane Brun pour Little Lights, titre inclu dans le CD Bonus de la nouvelle édition de « Someday We Will Foresee Obstacles ».

Tout au long de la soirée, Jonathan passera de très concentré à rigolard, cherchant des choses à dire au micro mais préférant s’exprimer en jouant de la guitare et des claviers. Moment assez cocasse, d’ailleurs, lorsqu’au premier rappel, après Middle Class Men, il doit rapidment enchaîner sur Someday Sometimes une partie de piano électrique avec un passage à la guitare folk. Par deux fois, il fait signe en catastrophe au roadie de lui amener sa rythmique, ce dernier ne maîtrisant pas la structure complexe de la chanson. Mais le chanteur n’en prend pas ombrage et continuer à jouer tout sourire.

Ainsi, même si le groupe commence à remporter un certain succès, personne ne semble prendre la grosse tête, et au deuxième rappel, Jonathan n’oublie pas la chanson qui l’a rendu célèbre, et qui aurait fait défaut s’il ne l’avait pas interprétée. Aussi nous livre-t-il un Black And White Eyes acoustique, accompagné d’une flûte traversière, qui vient parfaitement clore le set. Livrant un concert qui a dépassé nos espérances, Syd Matters a été le seigneur de la soirée. Le Syd.

PS : Désolé, je suis arrivé trop tard pour voir New Pretoria.

Forum de la Chronique de "Laura Veirs - Syd Matters - La Cigale - le 5 octobre"

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