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Musique
1993 - East West - Par mary, 23 septembre 2005.
J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir... :
Il y a des disques qui vous accompagnent pendant longtemps, qui vous guettent toujours du coin de l’oeil depuis l’étagère. Et il y a des disques qui vous transportent dans une autre dimension. Et il y a ceux qui vous portent et, sans que vous sachiez forcément pourquoi, vous aident à vivre. La Marmaille Nue est de ceux-là.
Un disque noir assurément, qui parle de fausses victoires (ou véritables défaites ?), de Paris, de solitude, d’amourettes, de bar, de bières, de tristesse, du SIDA, de la drogue... Mano Solo parle de sa difficulté à vivre alors qu’il sait qu’il va mourir.
Il nous raconte sa difficulté à parler aux autres, à toutes ces filles qui le voient passer sans le regarder.
Un album d’errance, comme une promenade dans le Nord de Paris : rue Saint Denis, canal Saint Martin, le Sacré Coeur, le cimetière Pantin... Ses trottoirs noir de monde où l’on reste seul. Les bars aux serveuses un peu trop gentilles, ou pas vraiment méchantes. On entendrait presque le verre se casser avant la bagarre.
A tous ceux qui se sont sentis seuls au milieu de la foule. A ceux qui ont déjà déambulé sans savoir où ils allaient, dans la rue ou dans leur vie. Je marche seul hagard et les yeux plein de larmes. Je voudrais bien mourir. Et la mort me regarde en souriant. Elle est là au coin de la rue. Mais non pas tout de suite. Pas encore. Mais suffisamment bientôt pour que je ne puisse pas vraiment vivre. Parce que la vie c’est pas du gâteau.
Mais cette tristesse, cette solitude, ce malheur, comme un cri au secours fait de la Marmaille Nue un album incroyablement vivant. Qui parle d’amour. D’envie de vivre, quoi qu’il en coute. Et que même si demain arrive après une nuit blanche d’angoisse, demain est déjà là.
La Marmaille Nue je l’ai chanté. Je l’ai crié. A chaque fois que je suis face au Sacré Coeur, je ne peux pas l’empêcher de palpiter tout bas. Rue Saint Denis je guette les reflets de Lune. Quand j’ai des idées noires, il me rappelle d’avoir envie de vivre. Parce que ce qui compte c’est pas l’issue mais c’est le combat .
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