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Cinéma
Alex de la Iglesia - Le crime farpait
2004 - Panico Films, Sogecine - Par Thom, 6 juin 2005.
complètement farpé :
Rafael mord la vie à pleines dents. Il est jeune, ambitieux, charmeur et vendeur de talent, le meilleur qu’on ait jamais connu. Son seul credo : satisfaire ses envies sans s’embarrasser de la foule des petites vies qui l’entourent. Une seule fausse note dans ce joli tableau : le poste de chef d’exploitation du grand magasin où il travaille lui échappe encore. Mais ce n’est qu’une question de temps et il est prêt à tout.
A tout ? Presque... Mais c’est pourtant purement par accident qu’il tue son collègue et principal rival. Aux yeux de la police, il est le principal suspect. Et Lourdes, une vendeuse au physique ingrat a tout vu. Faire disparaître le corps et acheter son silence s’imposent comme la seule solution possible. Mais Lourdes n’en veut pas à l’argent de notre Don Juan.
Sur le scénario vu et revu du crime accidentel qui entraîne son auteur dans une course-folle à la dissimulation, Alex de la Iglesia signe un film léger, très léger. Tout y est prétexte à faire rire. Mais chez Alex de la Iglesia, le rire est à double sens. Un rire gras d’abord, qui se moque, qui méprise, qui vole bas mais qui soulage : un rire de spectateur. Mais derrière ce plaisir simple se cache un rire sombre, noir, qui pointe là où ça fait mal, qui égratigne nos petits travers, un rire jaune de victime qui s’étrangle.
Tout l’art du bonhomme est là : montrer le pire et en faire rire. Les personnages d’un crime farpait cultivent toutes les tares et les vices mais il nous sont sympathiques. On les connaît, on se connaît.
C’est cette crudité du message qui donne son ton finalement singulier au film. Rien ne nous sera épargné, la morale ne sera pas sauve, l’orphelin et la veuve en seront pour leurs frais. Tant pis pour eux, l’ambiance est légère. Le tout baigne dans un joyeux bordel, le réalisateur s’amuse et ça se voit. Le scénario s’essoufle parfois, les effets de caméra tournent à l’amateurisme, la fin du film tombe dans le risible mais nous n’en tiendrons pas rigueur à l’auteur. Ces fautes de goût participent au charme de ce petit film à apprécier, sans honte mais avec un savoureux sentiment de culpabilité.
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