projet pafpaf
Musique
2000 - Skoda Records - Par eric, 15 mars 2005.
En route vers l’Est... :
Dès les premières secondes d’écoute d’Usi on serait tenté de classer ce disque au rayon je-m’en-foutisme ska, tant les attaques initiales du saxo semblent éculées et n’enchantent pas qui n’est pas habituellement fan de ska (moi). C’est peut-être pour cela qu’il est longtemps resté dans mes bacs. J’étais tombé dessus au hasard il y a quelques années, vite écouté, vite catalogué à tort, presque oublié.
Uz Jsme Doma [1] est pourtant un groupe surprenant.
Cela fait plus de vingt ans qu’ils s’agitent, dans la grande tradition rock des pays de l’Est, tout empreint du symbolisme que revêt là-bas cette musique. Critiques envers les institutions de leur pays, l’ex Tchécoslovaquie, presque clandestins sous le régime communiste, ils n’ont pourtant jamais cessé de remplir les salles de concerts, et même les stades. Cette popularité poussa même le chanteur à prendre des responsabilités politiques dans sa ville natale au début de la reconstruction du pays.
Mais revenons à la musique. Grâce à laquelle ils distillent un univers où, visions étranges, se mélangent pièces de cabarets, chants de guerre, chants partisans, chansons à boire à se frapper virilement la poitrine en levant bien haut sa choppe de bière. A grand renfort de choeurs.
Uz Jsme Doma met en scène chacun de ses morceaux comme autant de piécettes. Les changements de registre sont foison et puisent aux quatre coins de l’imaginaire pour modeler un monde étrange, dont l’esthétisme n’est pas sans rappeler certains groupes comme les Residents (au hasard). Pas si au hasard que ça puisque c’est Uz Jsme Doma qui a recomposé et joué la musique du Freak Show pour sa version live.
Décortiquons l’objet. Usi, morceau qui donne son nom à l’album, en est le véritable pivot. Plus de huit minutes spectaculaires qui s’ouvrent par une pure démonstration de force, cacophonie aux percussions syncopées calées sur la voix et le saxophone. S’en suivent des passages entraînant, où le chant s’envole avec la ferveur militante qui fait se lever les poings et se déplacer les foules. On atteint là l’essence même du sublime qui justifie le statut culte du groupe. Une apparente accalmie, percutée par un gros orchestre de fanfare fait ensuite place à une surprenante salve punk rapide et puissante. Le chant revient en renfort, tel un grondement final qui impose un final grandiose et gueulant.
Il y a bien chez eux une affection particulière pour les morceaux à tiroirs, les constructions particulièrement déstabilisantes à première écoute, mais totalement légitimées par une virtuosité épatante.
Kovbojska est un vrai hit. Très rapidement accrocheur et moqueur. Succession de passages grotesques où un sévit un nain moqueur et rondouillard, les mains sur les hanches sur la piste du cirque, et où se meurt le clown triste, seul sur scène, la voix tremblante et déchirante.
Pot est une balade bouffonne qui s’augmente de choeurs à tel point qu’elle en frise de très près le goth-opera.
Reka a des airs de chanson à boire. Le reste de l’album est du même niveau et laisse en tête une divine sensation jubilatoire.
Et à chaque écoute, la langue tchèque, toujours rugueuse et pleine de relief pour l’oreille, dépayse et donne envie d’aller jouer les punks à l’Est.
[1] On est enfin arrivés à la maison
Forum de la Chronique de "Uz Jsme Doma - Usi"
Un peu de musique ?
Musique
Blanche - If We Can’t Trust The Doctors
2004 - Cass Records
C’est vrai que si on ne peut plus faire confiance aux docteurs... : Fondé à Detroit par le couple Miller (Dan John - chant/guitare et Tracee Mae - chant/basse), (...)
Un petit film ?
Cinéma
2003 - Fine Line Features
A voir absolument, mais était-ce à faire ? : Sans aucun doute dans la narration, excellente : rarement le découpage et le montage d’un (...)
Un peu de lecture ?
Livres
1949
S’il n’en restait qu’un... : En bon informaticien, ou en internaute averti, j’avais plus d’une fois entendu (...)

