Martin Parr - Œuvres 1971 - 2001

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Martin Parr - Œuvres 1971 - 2001

Maison Européenne de la Photographie, Paris - Par Anonyme, 19 août 2005.

Jusqu’au 18 septembre 2005, la Maison Européenne de la Photographie (Paris IVème) accueille une rétrospective dédiée à Martin Parr, photographe "social" anglais. Plusieurs phases de sa carrière sont exposées, l’exposition couvrant trente ans de son travail.

En trente ans, le photographe est passé du noir et blanc à la couleur, a changé les sujets de ses clichés, a signé dans une grande agence de presse, mais une caractéristique reste inchangée : le regard comique qu’il porte sur ce qu’il photographie, qu’il soit plein de tendresse, de cynisme, d’absurde, ou de critique politique.

En effet ce qui frappe lorsque l’on se promène dans les étages de cette exposition, c’est que l’on rit beaucoup. Parmi les poses de personnages de certaines paroisses anglaises désertées, l’assaut de citoyens anglais pour acheter de la bière moins chère en France, ou des intérieurs kitschissimes très british, beaucoup de clichés provoquent l’hilarité du spectateur.

Martin Parr photographie le "common man", l’homme ordinaire. En cela, son optique de travail se rapproche d’une émission télévisée comme Strip-Tease. Un film documentaire de 50 minutes et projeté toutes les heures, Think Of England, réalisé par ses soins et dans lequel il pose la question "Qu’est-ce qu’être anglais ?" ressemble d’ailleurs furieusement à un épisode de la série (mais l’absence de sous-titres est à regretter). Pour effectuer un parallèle musical, on se situe du côté des "Common People" chers à Pulp.

Le côté social ne réduit en rien le côté esthétique des photographies de Parr. Le noir et blanc permet de développer un aspect visuel très sérieux. A la fois sérieux et drôle, c’est là que se situe l’ironie. Et les photos en couleur marquent par leur côté bariolé, et du fait d’une grande ressemblance avec le monde réel, la distance s’estompe, et l’on se sent parfois mal à l’aise, notamment face à la gigantesque mosaïque Common Sense, où se télescopent saucisses, décolletés, glaces à la crème et vibromasseurs, dans une critique acerbe de la vulgarité de la société de consommation.

L’été, La Maison de la Photographie est un endroit très agréable, attention à la fermeture les lundis et mardis. Si vous vous y rendez un mercredi, on conseille cependant de s’y rendre avant 17h. L’entrée y est de 6 euros (3 en tarif réduit), et après, c’est gratuit, et évidemment les galeries se remplissent très vite.